Le Parc de la grille

L'origine du Parc de la Grille remonterait au XVIIIe siècle. Cependant l'existence d'un jardin avec une serre est mentionnée dès le 17e siècle, dans un contrat d'albergement passé entre la famille Sautereau et Jacques Trenonay.
Son gendre Jean Pâris hérite de celui-ci avec l'auberge renommée " Au grand Saint-François ". Cette auberge était très appréciée de l'aristocratie pour sa bonne tenue et son excellente chère ; on y accueillait des voyageurs éprouvés par les longs voyages cahoteux. Moirans était à ce moment là une ville-étape importante entre Grenoble et Valence.
Le jardin est agrandi par l'acquisition d'un verger appelé " Merderel " ou " Grand noix ". Là, les voyageurs fatigués pouvaient se reposer dans un cadre très agréable. Jean-Jacques Rousseau y aurait séjourné.


L'apparence actuelle du Parc est due à Claude Pâris dit la Montagne, fils de Jean Pâris et financier à la cour du roi Louis XV (avec ses trois frères : Antoine, Joseph et Jean Pâris). Exilé quelques temps à Moirans, celui-ci fit entre 1720 et 1721 de nombreuses acquisitions. Un véritable jardin à la Française est dessiné par un élève du célèbre jardinier de Versailles, Le Nôtre.
Dans son " Histoire de Moirans (édition de 1881), L. CLERC-JACQUIER, fait une description éloquente de ce jardin :

" …les belles et régulières avenues de charmilles et de tilleuls qui subsistent encore, les tapis verts méthodiquement dessinés et entourés de fleurs, les jets d'eau, les vastes bassins que couvrent les nénuphars et qu'animent les poissons de diverses espèces, les terrasses avec doubles escalier, les salles, les orangeries, tout rappelle les tuileries… ".

Ce jardin est séparé de l'auberge (qui se transforme au même moment en hôtel particulier) par une grille ornementale en fer forgé, commandée en 1730 aux ateliers Bergerand, chaudronniers à Moirans.
Une pièce d'eau en forme de T est alimentée par le bras d'une rivière, la Morge. Un escalier en fer à cheval constitué de grosses dalles de pierres qui donne accès à une terrasse surélevée en forme de remparts limite le parc à l' Ouest sur toute sa longueur soit 180 mètres. Cet ensemble est très bien représenté dans le document de 1792, exécuté par le pépiniériste et architecte-paysagiste de Grenoble, Maximilien Ernst CURTEN.
De splendides fêtes rappelant Versailles sont organisées par les frères Pâris.
Après avoir été restaurée, la grille en fer forgé ainsi que l'escalier et la pièce d'eau sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques en 1927.


En 1953 le jardin et le château est cédé à la commune par la famille DE LA MOTTE. Le château servira de bibliothèque jusqu'en 1999.
En 1994, le parc retrouve son tracé d'antan et redevient un véritable jardin à la française. Une nouvelle phase d'aménagement des allées et des plantations débute en 1996.
Qualité de l'esthétique et respect des formes originelles redonnent une âme et un certain cachet à cet espace empli de bégonias, rosiers, tilleurs, boules d'ifs, acacias et autres magnolias. Les soins attentifs portés à ce parc ont été récompensés par un prix du Ministère de l'environnement en 2001.